CAE - Confédération Africaine d'Escrime - DECOUVRIR L'ESCRIME SPORTIVE

samedi 04-sep-10
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DECOUVRIR L'ESCRIME SPORTIVE

DEFINITION

Le terme « escrime » est issu de l'ancien français « escremie » lui-même dérivé du francique « skirmjan » signifiant : défendre, protéger. Ce détour étymologique nous permet de prendre conscience que l'escrime est un art de défense, et plus spécifiquement l'art de se défendre avec une arme blanche
 
L'escrime est un sport de combat. Il s’agit de l’art de toucher un adversaire avec la pointe ou le tranchant (estoc et taille) d’une arme sur les parties valables sans être touché.
 
LA LANGUE OFFICIELLE
 
L'escrime est l'un des très rares sports où le français est la langue officielle. Chaque pays utilise sa langue pour les compétitions nationales, mais dès que la compétition devient internationale, le français est obligatoire et nécessaire pour l’arbitrage. « En Garde ! Prêts ? Allez ! Halte ! ... ». L’arbitre dispose en plus d’un code de signe pour expliquer chaque phrase d’armes.
 
LES PRATIQUANTS
 
L’homme comme la femme peut pratiquer l’escrime. Seulement il n’y a pas de combat possible entre un escrimeur et une escrimeuse.
 
Outre la distinction par sexe, hommes/femmes, l'escrime connaît des catégories d'âge qui sont approximativement :
 

 
Poussin
Pupille
Benjamin
Minime
Cadet
Junior
Senior
Vétéran
Age minimum
7
10
12
14
16
18
21
40
Age maximum
9
11
13
15
17
20
39
+

 
C'est l'année de naissance qui détermine la catégorie dans laquelle entre un jeune.
 
Ceux qui veulent pratiquer l’escrime peuvent se renseigner auprès de la fédération de leur pays.
 
Cf. Menu/Fédérations membres.
 
 
LES VALEURS
 
Philosophiquement, le respect de l'autre et le courage sont des valeurs primordiales de l'escrime : les tireurs se saluent avant l'assaut, et puis une fois l'assaut terminé ils se remercient l'un l'autre et se serrent la main avant de se quitter. D'ailleurs si l'un des tireurs ne respecte pas cette règle (jette son masque, ne salue pas son adversaire...) il risque une exclusion pour toute la saison.
 
Intellectuellement, la maîtrise de soi est également à la base de ce sport. Lors d'un assaut, des qualités d'anticipation, d'élaboration d'un projet tactique de précision sont sollicitées en permanence.
 
Physiquement, l'escrime exige, et contribue à, une grande souplesse, l'acquisition de réflexes et une rapidité dans tous les mouvements. La coordination inter-segmentaire, une grande force statique et explosive au niveau des membres inférieurs associés à de l'endurance, font de l'escrime l'une des activités sportives les plus éprouvantes.
 
L'escrime contribue à développer et renforcer ces valeurs, dans une harmonie du corps et de l'esprit.
 
LES ARMES
 
On utilise trois types d'armes : l’épée, le sabre et le fleuret. Ces trois armes sont mixtes : épée féminine et masculine, fleuret féminin et masculin et sabre féminin et masculin.
 
La lame de l'arme adulte est par convention dite lame n°5.
Pour les enfants, le poids et la taille de l'arme sont adaptés. Les poussins et pupilles utilisent une lame n°0 de 77cm, les benjamins une lame de taille n°2 de 82 cm.
 
Le fleuret et le sabre masculin sont armes olympiques dès les premiers Jeux olympiques en1896.
 
L'épée masculine le devient en 1900. La première arme féminine est le fleuret; elle intègre le programme olympique en 1924. Ce n'est qu'en 1996 que l'épée féminine devient une discipline olympique et qu'en 2004 que l'on voit l'apparition du sabre féminin.
 
 
Fleuret en haut, Epée au milieu et sabre en bas.
 
 
Le Fleuret
 
Le fleuret a été créé au XVIIe siècle pour servir d'arme d'entraînement et d'étude. C'est la seule arme qui ne soit jamais sortie des salles d'escrime (contrairement au sabre qui a servi sur les champs de bataille et l'épée qui a été utilisée pour le duel).
 
C'est une arme légère — 500 grammes pour une longueur de 110 cm — et flexible dont la section de lame est rectangulaire. La touche se fait avec la pointe uniquement.
 
Le fleuret est une arme d'étude, il est en général la première arme enseignée aux débutants, bien qu'elle soit aussi pratiquée en compétition. En fait, le choix de la première arme enseignée dépend du club et du maître d'armes.
 
Son nom vient de la fleur de laine, autrefois enroulée au bout de la lame pour éviter les blessures. Dans le passé, les femmes n'étaient autorisées à tirer qu'au fleuret et la légèreté de l'arme en rendait son maniement aisé pour les enfants.
 
De nos jours, bien qu'il soit conseillé d'apprendre au moins les principes fondamentaux du fleuret, les escrimeurs peuvent commencer avec n'importe laquelle des trois armes.
 
L’aire de touche
 
L'aire de touche au fleuret est restreinte, c'est un héritage du temps où les équipements de sécurité étaient limités. Les coups au visage étant auparavant dangereux faute de masque, la tête n'est pas une cible valide. L'aire fut réduite au tronc seul, zone où les coups portés seraient potentiellement les plus dangereux si les armes n'étaient pas, fort heureusement, neutralisées.
 
Au fleuret, comme au sabre, il est strictement interdit de substituer une surface valable (tronc) par une surface non valable (ex. bras ou tête).
 
Le fleuret est une arme d'estoc seulement. L'action offensive de cette arme s'exerce donc par la pointe et par la pointe seule. Comme au sabre, on doit respecter des conventions lors d'un assaut. Il n'y a donc pas de « coup double ».
 
En cas de touches simultanées, la touche est accordée au tireur qui avait la priorité. Cette priorité dépend de la phrase d'armes déterminée par la convention du fleuret. Si aucun des tireurs n'avait la priorité, aucune touche n'est accordée.
 
Dans les petites catégories, la pointe protégée par un composant, en forme de bille en caoutchouc appelée" mouche", permet les assauts courtois sans risque de blessure durant l'entraînement d'escrime.
 
Dans les grandes catégories, l'arme à "pointe sèche" a été remplacée par une arme électrique dont le bout se termine par une "tête de pointe" (sorte de bouton métallique sur ressort) qui, reliée à l'appareil, permet d'indiquer les touches pendant l'assaut.
 
Au fleuret, il faut 500 grammes de pression sur le bouton pour qu'une lampe s'allume indiquant que l'adversaire a été touché (soit verte ou rouge dans une partie valable ou blanche dans une partie non valable).

 

 
 
                         En rouge la surface valable
                         ou l’aire de touche au fleuret.
 

 


Philippe Omnès, célèbre fleurettiste, définit ainsi son arme favorite :

A mon sens, le fleuret est l'arme de référence de l'escrime. La maîtrise technique que nécessite sa pratique est tout d'abord un handicap, mais à terme se retrouve être un atout pour profiter pleinement de l'escrime.
Car c'est à travers la technique du fleuret qu'apparaît le mieux la phrase d'armes, véritable conversation entre les tireurs par l'intermédiaire des lames.
Le rythme des assauts de fleuret peut être retenu, comme à l'épée, ou au contraire très vif, comme au sabre.

  
L’Epée
 
L'épée moderne a été inventée au XIXe siècle afin de se battre en duel. C'est une arme d'estoc uniquement. Dans les siècles précédents, on utilisa à partir du XVIe siècle : la rapière. La rapière a d'abord évolué en épée de cour sous Louis XIV.
 
L’épée est une discipline de l’escrime qui est enseigné aux poussins, pupilles, benjamins, minimes, cadets, juniors, séniors et vétérans.
 
Cette arme est dite "non conventionnelle" car elle n'obéit pas à des règles de priorité comme le fleuret et le sabre : les conditions et les règles du combat sont donc très similaires à celles des anciens duels.
 
L’aire de touche
 
La surface valable comprend tout le corps du tireur, y compris ses vêtements et son équipement. L'action offensive de cette arme s'exerce par la pointe et par la pointe seule. C'est une arme plus lourde que les autres — 770 g pour une longueur de 110 cm maximum — et moins flexible que le fleuret, et sa lame est de section triangulaire.
 
Lorsque les deux tireurs sont touchés simultanément, et que l'appareil enregistre valablement ces deux touches, il y a ce qu'on appelle un « coup double », c'est-à-dire un point pour chacun.

 

En rouge la surface valable
ou l’aire de touche à l’épée
.
 
Éric Srecki, épéiste émérite, définit l'épée ainsi :
 
L'épée, c'est l'arme où les phases d'attente, de préparation sont les plus longues ; l'observation de l'adversaire peut sembler "s'éterniser" lorsqu'on est néophyte, mais il s'agit en fait de contourner la défense de l'adversaire et de s'engager dans la faille (...) C'est donc l'arme de la patience, où les nerfs sont mis à rude épreuve.
 
Le Sabre
 
Le sabre est une arme d'estoc, de taille (coup porté avec le tranchant de la lame) et de contre-taille (coup porté avec le dos de la lame); les coups du plat de la lame sont aussi valable.
 
C'est une arme conventionnelle comme le fleuret : le sabre répond aux même règles d'engagement (conventions) que le fleuret, donnant la priorité à l'attaquant, et de même légèreté — 500 g pour une longueur totale de 105 cm maximum.
 
Le sabre est une discipline de l’escrime qui est enseigné aux poussins, pupilles, benjamins, minimes, cadets, juniors, séniors et vétérans.
 
L’aire de touche
 
La surface valable comprend la tête, les bras et le tronc du corps.
 
En cas de touches simultanées, l'arbitre décide d'accorder la priorité à un des tireurs, ou à aucun des deux.
 
Cette priorité dépend de la « phrase d'arme » et des conventions du sabre. La surface valable pour le sabre est tout ce qui se trouve au-dessus de la taille (à l'exception des 2 mains), car cette arme nous vient de la cavalerie, et qu'il était dans ce cas très difficile de toucher en dessous de la taille.
 
Au sabre, comme au fleuret, il est strictement interdit de substituer une surface valable par une surface non valable. Contrairement au fleuret et à l'épée, les passes avant (croisement des jambes en un rapide mouvement vers l'avant) sont interdites (elles étaient autorisées mais ont été supprimées du fait que les déplacements des sabreurs se rapprochaient trop de la course).
 
Le sabre est une arme dont les assauts sont très difficiles à suivre par des néophytes, la priorité donnée à l'attaque associée à la relative facilité pour toucher son adversaire rendant les combats très rapides.
 

 

  
                      En rouge la surface valable
                      ou l’aire de touche au sabre.
 
 
Jean-François Lamour, sabreur émérite (il a été deux fois Champion Olympique à l'épreuve individuelle, à Séoul et Los Angeles, puis Champion du Monde individuel) et ancien Ministre des Sports, définit d'ailleurs le sabre de cette manière :
 
"Assaut" est certainement le mot qui convient le mieux à la discipline du sabre. Plus qu'au fleuret ou à l'épée, c'est dans cette arme que l'escrimeur se trouve dans la nécessité de fondre sur son adversaire en ayant, par feinte et préparation interposées, préparé le geste final.
Il n'y a donc pas ou peu de repos pour le sabreur (...) Adaptation et explosion, voilà ce qu'un sabreur doit toujours avoir en tête quand il monte en piste.
 
 
 
LES ASSAUTS
 
Les épreuves d’escrime sont individuelles ou par équipes. Elles sont donc au nombre de douze :
 
Les six assauts individuels
 
Epée masculine, épée féminine, fleuret masculin, fleuret féminin, sabre masculin et sabre féminin.
 
Les six assauts par équipes
 
Epée masculine, épée féminine, fleuret masculin, fleuret féminin, sabre masculin et sabre féminin.
 
Les trois armes se pratiquent suivant des conventions qui leurs sont propres.
 
Les grandes différences sont : la surface valable, la manière de toucher l'adversaire, et la forme et le poids de l'arme.
 
Aux trois armes il est strictement interdit de porter des coups avec la coquille ou d'utiliser le bras non armé à quelque fin que ce soit.
 
 
 
LA PISTE
 
Une piste d'escrime mesure 14 mètres de long sur 1,5 à 2 mètres de large.
 
Elle est marquée par des lignes perpendiculaires en divers endroits (centre de la piste, ligne de mise en garde, et limite arrière, outre les 2 dernièrs mètres doivent être clairement identifiés).
 
Si un tireur sort par l'un des bords latéraux de la piste, l'action est interrompue et les tireurs se remettent en garde en ayant néanmoins fait avancer d'un mètre l'adversaire du tireur qui est sorti; ce dernier devant donc reculer et se remettre à distance.
 
Si un tireur sort des deux pieds par le bout arrière de la piste, il est considéré comme touché.
 
 
 
 
L’EQUIPEMENT DE L’ESCRIMEUR ET DE L’ESCRIMEUSE
 
L'habillement des tireurs en compétition ou lors d'entrainement est assujéti au réglement C.A.E. en Afrique et FIE lors des compétitions internationnales.
 
L'équipement des tireurs est composé généralement ainsi de suite :
 
Pour la partie haute,
 
d'un masque avec bavette protégeant le cou,
Masque épée et fleuret
 
 Masque métallique sabre
 
de protèges poitrines pour les femmes,
 
 
d'une sous-veste (appelée sous-cuirasse),
  
d'une veste (Le nom ainsi que la nationalité du tireur peuvent être imprimé en bleu au dos),
 
d'une cuirasse métallique sur la veste (au sabre et au fleuret), (Le nom ainsi que la nationalité du tireur peuvent être imprimé en bleu au dos),
 
Cuirasse métallique fleuret
Cuirasse métallique sabre
 
et d'un gant protégeant la main armée (métallique au sabre)
N.B. : le gant est aujourd'hui le seul élément de la tenue (excepté les couleurs nationales sur le pantalon) susceptible de reçevoir de la décoration (couleur, motifs etc...).
 
 
Pour la partie basse,
 
d'un pantalon arrivant au genou (appelée culotte) (les couleurs nationales sont généralement imprimées sur le pantalon),
 
  
de chaussettes hautes (les chaussettes d'escrime doivent être blanches et couvrir toute la partie des jambes non recouverte par le pantalon),
 
 
et de chaussures (il existe des chaussures d’escrime).
                    
 
 
 
Structure d'une compétition
 
Si à l'entrainement le brassage des catégories est monnaie courante, voire même encouragé, il n'en est pas de même en compétition, où les catégories d'âges sont très strictes.
 
Le surclassement, c'est à dire la possibilité pour un tireur d'effectuer une compétition d'une catégorie d'âge directement supérieure à la sienne, voire le double surclassement (2 catégories au dessus) est autorisé.
 
L'inverse est en revanche interdit, à l'exception des Vétérans qui peuvent continuer à participer aux compétitions Sénior, la raison principale étant bien souvent le faible nombre de compétiteurs dans cette catégorie.
 
La structure habituelle d’une compétition individuelle se compose en deux parties.
 
La première partie est une phase de poules pouvant aller de 4 à 8 tireurs, selon le nombre d'inscrits.
 
La plupart du temps, deux tours de poules de 5 ou 6 tireurs sont organisés, permettant d'obtenir un classement révélateur du niveau des escrimeurs en présence.
 
Dans ces poules, chaque tireur rencontre tour à tour chacun des autres tireurs de ce groupe, lors d'assaut en 5 touches, l'ensemble du match ne dépassant pas les 3 minutes.
 
La seconde partie est une compétition avec un tableau par élimination directe établi à partir du classement à l’issue des poules.
 
Les assauts se déroulent en 15 touches, rythmés en trois tiers temps de trois minutes.
 
Entre ces tiers-temps, une minute de repos est alloué au tireur, qui a la possibilité s'il le souhaite de s'entretenir avec son maître d'armes.
 
Alors qu’au sabre un assaut ne dépasse quasiment jamais les trois minutes, même en se terminant par un score de 15-14, c'est dire l'assaut où le nombre de touches, et par conséquent le temps de match, est le plus important, il arrive très fréquemment au fleuret et à l’épée que les assauts arrivent au terme des 9 minutes sans qu’aucun des deux tireurs ait atteint les 15 touches requises.
 
Le vainqueur est celui qui se trouve en tête à la fin du temps réglementaire.
 
 
Durant les deux phases, si le temps réglementaire est écoulé alors que les deux adversaires sont à égalité de score, une minute de temps additionnel est donnée, en procédant à un tirage au sort.
 
Cette minute se déroule à la "mort subite", c'est à dire que le premier tireur qui met une touche remporte l'assaut.
 
Si aucune touche n'est donnée, le gagnant du tirage au sort remporte l'assaut.
 
Aux Jeux olympiques, la compétition ne comprend pas de tour de poule.
 
Le tableau par élimination directe est basé sur le classement international.
 
Au pentathlon moderne la structure d’une compétition d’escrime est différente. En effet, chaque tireur rencontre tous les autres participants lors d’assaut en une seule touche gagnante.

 

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